Restauration d’un rabot Goldenberg n°4

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Bonjour à tou(te)s. Je vous avais présenté il y a quelques temps sur la page Facebook de Zeu’telier un petit achat pour me faire plaisir : un rabot et une varlope d’occasion à restaurer.

rabot et varlope à restaurer

il y a un peu de travail, mais c’est que du bonheur

M’étant un peu amusé avec malgré l’état et ayant vu les limites, je me suis donc lancé dans la restauration du rabot. Il s’agit d’un rabot n°4 de marque Goldenberg. Il est pas mal rouillé mais les différents éléments ne sont pas attaqués en profondeur. Ou pas trop. La varlope verra son tour arriver plus tard.

rabot Goldenberg à restaurer

De près c’est encore pire !

Pourquoi en avoir acheté un en mauvais état alors que je pouvais en acheter un neuf ? Premièrement parce que un rabot de qualité, ça coûte cher et je ne suis pas sur d’en avoir beaucoup l’utilité. En plus, je trouve très sympas de redonner une deuxième jeunesse à un bel outil. Et puis à 10€ le rabot et la varlope, pourquoi se priver ?

Etat des lieux

Avant de pouvoir vraiment attaquer la restauration du rabot, la première chose à faire est de tout démonter pour faire un état des lieux. Pour ça rien de compliqué, il suffit de dévisser quelques vis et tout est en pièces avant d’avoir eu le temps de dire ouf. Et bien entendu j’ai fait attention à regarder ce que je démontais pour bien tout remonter dans le bon sens.

restauration de rabot Goldenberg

IKEA c’est tellement surfait ! Et en plus ils ne vendent pas de rabot, c’est dire !

Du coup petite liste des éléments et des travaux à réaliser :

  • Le corps du rabot est oxydé en surface sur les faces inférieures et latérales. La peinture est plutôt en bon état à l’exception de 2 ou 3 endroits attaqués par le rouille. Le tout est recouvert par des années de graisse collée mélangée à de la sciure (je crois). La face inférieure est parfaitement plate, ce qui est plutôt bon signe quand à la qualité du rabot. Ou alors elle a été rectifiée.
    • A faire : poncer les faces, nettoyer l’intérieur, éventuellement repeindre.
  • Le frog (ou sabot porte outil) – en rouge – est piqué par la rouille à plusieurs endroits et la peinture a sauté sur les angles. La face intérieure est recouverte de rouille de surface.
    • A faire : décaper, repeindre et poncer la face intérieure. Remettre le levier à neuf.
  • Les poignées sont abîmées et ont besoin d’être remises à neuves. La poignées avant est fendue certainement du à une chute. L’axe qui la maintient est tordu.
    • A faire : poncer et revernir. Remplacer l’axe par de la tige filetée.
  • Les fer, contre fer et presseur sont piqués par la rouille et ont besoin d’un bon décapage. Le fer est affûté de travers (cf photo plus bas).
    • A faire : Poncer et affûter
  • La visserie est piquée et oxydée.
    • A faire : Nettoyer, poncer, lustrer
fer rabot

C’est pas coupé droit chef !

Ponçage des parties métalliques du rabot

La première chose sur laquelle je me suis penché est le ponçage et dérouillage de tout ce qui en a besoin. Je voulais surtout m’assurer de l’état du corps du rabot et du fer avant d’y passer trop de temps. A noter qu’il existe plein de vidéos sur youtube sur la restauration de rabots donc je n’y vais pas à l’aveugle.

Tout le ponçage des parties plates est fait au papier de verre sur une plaque de verre. La plaque de verre est là pour assurer la planéité du ponçage, ce qui est quasi impossible à faire à la main ou même avec une cale. Comme tout ponçage, je commence avec un gros grain à sec et je finis avec un grain beaucoup plus fin à l’eau.

Les parties n’ayant pas besoin d’être plates sont nettoyées avec une brosse rouge montées sur la perceuse puis légèrement polies. Le rendu est plus que suffisant. Si j’ai le courage un jour je m’amuserai à tout polir correctement mais pour l’instant ça me va.

restauration rabot n°4 goldenberg

ça commence à briller !

Pour le fer, j’ai tracé les angles droit pour approcher la découpe avec la ponceuse lapidaire puis ai fini l’affûtage au papier de verre. Je suis descendu jusqu’au grain 600 à l’eau puis j’ai poli miroir le tranchant. Cela suffit pour se raser les poils de l’avant bras, donc ça coupe déjà pas mal. Certain descendent même jusqu’au grain 4000 (avec une pierre) avant de polir pour avoir un affûtage proche du rasoir mais je m’en contenterai pour l’instant. Bon par contre je pense qu’il est très usé donc il fera son temps et je le remplacerai.

La visserie

Rien de très compliqué ici, le tout est d’adapter la technique à la matière de la vis et écrous.

En effet, les écrous qui tiennent les poignées sont en laitons, ainsi que la molette de réglage de la profondeur de coupe. Ceux ci ont simplement été passés au Miror et polis avec la Dremel.

La tête de la vis de pression du presseur est en plastique. Je l’ai donc poncée à l’aide de la perceuse avec du papier de verre grain 600 et l’ai vernie.

Les vis de maintien du frog et de réglage de la lumière sont en acier. Je les ai simplement poncées, polies et huilées.

Le corps et le frog du rabot

Je ne savais pas trop si j’allais décaper le corps du rabot pour le repeindre ou pas. J’avoue avoir été tenté de juste nettoyer la peinture et faire 2-3 retouches. Il faut dire que n’ayant pas beaucoup de choix de peinture et voulant éviter d’en acheter juste pour ça, j’avais un peu la flemme. Du coup j’ai choisi la facilité et ai attrapé le décap’four pour nettoyer toute la crasse en une seule fois, sans frotter.

Ou plutôt c’est ce que j’espérais.

Parce que j’ai eu comme une surprise quelques minutes après avoir appliqué le produit. J’ai déjà utilisé cette technique plusieurs fois sans soucis mais cette peinture a décidé qu’il allait en être autrement et a réagit avec le décap’four. Résultat le beau bleu d’origine s’est transformé par endroits en vilain gris-vert caca d’oie.

Ça c’est Avant – avec la sale couleur.

Du coup, je change mon fusil d’épaule et je mets donc une bonne couche de décapant en gel que j’avais dans le garage. L’objectif est de virer toute la peinture pour repeindre correctement. Au menu : décapant + brosse en acier + brosse rotative. Bien entendu tous les pas de vis ont étés bouchés avant par des vis sacrificielles. Les flancs du corps du rabot sont quand à eux protégés avec du scotch. Il servira d’ailleurs également pour l’étape de peinture.

restauration rabot

la couleur de l’acier est quand même plus jolie … et du coup prêt à re-rouiller !

Une fois la peinture décapée et la surface bien nettoyée et dégraissée, il ne reste qu’à repeindre. Après une couche d’apprêt phosphatant, j’ai donc appliqué une couche de peinture noire mat en bombe. Pourquoi noir mat ? Pour deux raisons : ça va faire ressortir par contraste les pièces polies et surtout … j’en avais en stock !

Une fois la peinture sèche et le scotch de masquage retiré, il ne reste qu’à finaliser le ponçage des parties qui doivent rester à nu. En effet, j’ai nettoyé à grande eau avant masquage et une très légère rouille de surface a eu le temps de se créer. De plus je n’ai volontairement pas masqué certaines parties trop complexes pour simplement poncer la peinture qui s’y est déposée.

Les poignées

Le vernis des poignées s’est révélé très dur à enlever. je ne sais pas ce que c’est mais c’est du costaud ! Mais à force de ponçage à la main et à la dremel le bois a fini à nu. J’ai ensuite passé deux couches d’huile de Teck pour le protéger. Je n’ai pas de cire sous la main mais je pense que j’en rajouterai à l’occasion pour avoir un beau rendu brillant. Le rendu avec juste l’huile me plaît beaucoup et a un coté vieux bois avec son histoire. En plus la finition étant plus claire que l’origine le contraste avec le noir des parties métalliques n’en sera que renforcé.

poignées rabot

Prêt à remonter !

Ensuite il ne reste plus qu’à tout replacer pour le fun comme sur la photo du début avant d’attaquer le remontage.

restauration rabot Goldenberg n°4

C’est quand même beaucoup mieux

Le remontage

Pour le remontage rien de très compliqué, il suffit de tout remonter dans le sens inverse du démontage. J’en profite pour huiler légèrement les parties à nu pour les protéger de la rouille et limiter les frottements, notamment entre le fer et le frog. J’en profite pour le régler correctement, ce qui s’avère beaucoup plus facile maintenant qu’avant restauration. je découvre au passage ce qu’est un rabot qui coupe et qui fait du copeau fin et régulier … ne rigolez pas c’est la première fois que j’ai en main un rabot en bon état.

Un dernier coup de ponçage sur le sabot pour le plaisir et pour accentuer le contraste avec les parties noires mat et il ne reste plus qu’à le tester. Et aussi à faire des photos tout en comparant avec l’origine. Il est tellement mieux comme ça !

Pour rappel, avant rénovation, il ressemblait à ça :

rabot Goldensberg

La bête

Et maintenant :

Rabot Goldenberg

La belle

Et si vous vous demandez si il coupe bien, la réponse est OUI ! Et je sens que je vais adorer l’utiliser.

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